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Lundi 11 décembre 2006
Ces textes proviennent de l'association :
CENTRE YANG CHENGFU DE TAI CHI CHUAN - SUISSE

Av. des Boveresses 16
1010 LAUSANNE
Tél.: 021 653 42 82 (répondeur)
"mailto:jeanmarc@yangfamilytaichi.com"
http://www.yangfamilytaichi.ch/TextesJMG.pdf


                                        (tous les textes ont été écrits par J.M. Geering)


                                                            
Les 3 centres

Le premier centre se situe au dan tien inférieur, à environ 4 cm au dessous du nombril et à l'intérieur du bas ventre. C'est un centre important pour certaines pratiques du Qigong. Il est aussi appelé Qihai ou Océan du Souffle. C'est là que les anciens taoïstes accumulaient leur énergie pour y produire le dan, le cinabre ou élixir (tien veut dire champ).
Contrairement à ce qu'on lit souvent, le dan tien inférieur ne joue pas de rôle dans le Tai Chi Chuan, à moins qu'on ne le confonde avec le centre de gravité. Le centre de gravité est un point virtuel également situé dans le bas ventre. Le poids du corps s'y concentre. Il doit être maintenu en équilibre et soutenu. Pour cela, l'attention doit s'y fixer. C'est ce que nous appelons "garder le centre". Cette fixation de l'attention sur le centre (de gravité) pendant la pratique du Tai Chi Chuan est l'équivalent de la méditation assise.
Le centre de gravité est maintenu dans sa position par la colonne vertébrale et plus particulièrement par le bas du dos. Là se trouve le centre énergétique des mouvements du Tai Chi Chuan (iao en chinois, traduit par taille). C'est le milieu du corps où le bas est relié avec le haut. Le mouvement du bassin doit être transmis ("l'énergie doit circuler") à la colonne puis aux épaules, aux bras.
En résumé, l'énergie du centre du dos soutient le poids du centre de gravité.



Un temps yin, un temps yang, c'est le tao


La circulation de l'énergie (qi) dans le Tai Chi Chuan se fait en deux temps. Chaque action comporte un temps yin puis un temps yang.
Dans le peng gauche par exemple, quand le pied droit prend appui, l'énergie se développe dans la jambe, la taille (région lombaire) et le dos. C'est un temps de préparation, un temps yin.
Puis vient le temps yang, le temps d'action. Le pas, le déplacement du poids et le mouvement des bras (peng gauche).
Nous pouvons encore distinguer une force principale, c'est celle du bras gauche, d'une force secondaire à droite.
Le simple fouet comporte trois temps yin et trois temps yang :
Après avoir déplacé le poids sur la jambe gauche (yin), le corps tourne à gauche et effectue un peng horizontal (yang)
Le poids est déplacé à droite (yin) et on effectue un peng horizontal droit (yang)
Finalement le corps tourne à gauche et avance (peng et an)



Jing (force intérieure)


Par jing on entend les forces qui s'expriment au cours du mouvement et plus particulièrement lors de la posture finale de chaque mouvement.
Utilisant la convention habituelle nous représenterons le jing par un vecteur, c'est-à-dire une flèche dont la longueur marque l'intensité de la force et la direction le sens de celle-ci.
Deux forces sont fondamentales et agissent tout au long de la forme : le poids qui enracine le corps et la force qui redresse le corps et la tête.


La force qui avance et qui recule agit sur le centre de gravité ainsi que la force qui tourne le corps (à gauche et à droite).
Le ou les bras relaient cette force en la prolongeant et la transformant pour lui donner sa spécificité (peng, ji, lü, an, etc.).
Le poids du corps une fois posé sur la jambe d'appui, le pas se fera en avant, en arrière ou sur le côté. On distingue
·    le pas du cavalier (ma bu) 50% du poids sur chaque jambe
·    le pas d'arc (gong bu) 70% du poids sur la jambe avant 
-  le pas vide (shu bu) 70% du poids sur la jambe arrière
Le transfert du poids donne au jing sa direction et l'essentiel de sa force.
La position des bras est essentielle. Les épaules tombent, les coudes sont baissés mais légèrement écartés du corps. La position du poignet n'est pas indifférente mais légèrement écartés du corps.
La force du bras agit avec celle du reste du corps pour former un tout : le JING.



Méditation et Tai Chi Chuan  
  

Méditer c'est concentrer son esprit sur
un seul objet en dehors de toute autre stimulation. Dans ce sens, le Tai Chi Chuan est une forme de méditation, la "forme" étant son objet.
Comme il ne s'agit pas que d'un seul
point, on parlera plutôt d'attention que de concentration
L'attention est aussi bien visuelle que sensible au mouvement et à la posture. Elle couvre un espace qui peut être imaginé comme un cercle ou une sphère avec un centre et une périphérie.
L'attention qui est avec l'intention la partie active de l'esprit suit la construction de la posture. Elle est donc diffuse ou partagée et varie au cours du mouvement. A un moment, elle semble même s'arrêter au centre de gravité pour stabiliser le bas du corps. C'est alors une méditation au sens de "concentration en un seul point".
L'attention est sur soi (on se centre), puis sur le mouvement vers l'adversaire. Elle précède le développement de la force le long du dos, à l'épaule, aux bras et aux mains. Tous ces segments sont couverts par l'attention à des moments différents.
D'où le principe central du Tai Chi Chuan et de tous les arts martiaux internes : "employer la pensée et non la force".
Au moment où a lieu le contact avec l'opposant, on se centre à nouveau pour enraciner la force qu'on déploie.
Je peux être attentif à moi et à l'autre.



Tradition occidentale et tradition orientale

Le Tai chi chuan (TCC) est un gongfu parmi d'autres. Par gongfu, les chinois entendent le perfectionnement d'un art ou d'un métier et le résultat atteint après un long temps de pratique.
Il peut s'agir par exemple de calligraphie, d'arts martiaux ou de cuisine. Cela implique l'usage du corps et de l'esprit en vue du résultat. Le corps et l'esprit fusionnent dans l'activité. L'activité cérebrale seule ne suffit pas à assurer cet ensemble.
C'est dans les métiers que l'on retrouve chez nous cette expérience de l'homme complet où la pensée opératoire et la pensée spéculative se rencontrent.
La pensée opératoire est la pensée concrète qui s'attache à l'acte, la pensée spéculative celle qui pense l'acte à venir.
Au Moyen-âge, les bâtisseurs de cathédrales utilisaient leur savoir en ce sens. La tradition en a été maintenue par les Compagnons chez qui sont représentés les métiers du bâtiment.
Plus tard les « intellectuels » se sont séparés des « manuels » et la pensée spéculative de la pensée opératoire. L'unité de la pensée et la possibilité de l'élever à un niveau supérieur s'est perdue.
C'est en pratiquant un gongfu comme le TCC que cette unité se recrée rendant en même temps une liberté de l'esprit possible.



Le centre

Le centre une fois trouvé, le corps se relaxe. D'abord immobile mais ferme, les bras se lèvent. L'intention les bouge, ils lévitent. Et c'est ainsi que la forme se développe toujours suivant la volonté (le yi) mais comme si d'elle même elle la suivait.
« Unir l'intérieur et l'extérieur » nous enseigne Yang Chengfu. Faire en sorte que les deux correspondent. Garder le centre, se relaxer complètement et imaginer une forme, la suivre sans perdre de vue le centre. L'esprit survole l'action et se libère (« tel un aigle qui survole son territoire »).
La méditation assise suite le même but. L'attention concentée, le corps détendu créent l'espace où l'esprit se développe.
Un autre exemple est l'hypnose. En fixant un objet, l'attention s'y résorbe et l'esprit est libre d'explorer l'inconscient.
Tois exemples qui démontrent l'universalité du phénomène que nous étudions en pratiquant le Tai chi chuan.



Tai Chi Chuan, art martial ou technique de santé ?


Chuan veut dire boxe ou poing. La tradition du Tai Chi Chuan remonte à la famille Chen qui pratiquait cet art de la lutte dans le village de Chenjiagou.
Les temps ayant changé, Yang Chengfu réalisa le potentiel du Tai Chi Chuan pour améliorer la santé. Son style se caractérise par la fluidité et par l'expansion du corps. L'effet en est une circulation de l'énergie (qi) très régulière qui parvient à toutes ses parties.
Mais le Tai Chi Chuan n'est pas un Qigong (exercice de l'énergie) de plus. L'intention de chaque mouvement est martiale et permet de développer une force maximale dirigée contre l'adversaire.
Quel rapport entre l'énergie qi et la force jing ?
L'énergie non dirigée trouve son expression dans la force qui elle est dirigée. Dans la forme, la force adverse est imaginée et créée par la résistance au mouvement. Au moment de faire un pas, par exemple, la jambe arrière (deng) pousse, tandis que la jambe avant (cheng) retient le mouvement. C'est ainsi que la force et l'énergie se développent.
Le Tai Chi Chuan a perdu son utilité dans le combat mais pratiqué avec l'esprit martial, il développe l'énergie de l'organisme et apporte un bienfait à toutes ses parties.



- le tai chi chuan
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tai-chi-chuan

- le yin et le yang
http://www.taiji-grenoble.com/taijiquan-8-yin_yang_shi_xu.pdf

- le tui shou (poussée des mains)
http://www.taiji-grenoble.com/taijiquan-7-tui_shou_da_shou.pdf

- la détente dans le geste juste
http://www.taiji-grenoble.com/taijiquan-10-song.pdf

- se diriger dans l'espace
http://www.taiji-grenoble.com/taijiquan-9-shang_xia_qian_hou_zuo_you.pdf   

- la théorie du mouvement
http://www.taiji-grenoble.com/taijiquan-4-wu_xing.pdf

- tigre et dragon
http://www.taiji-grenoble.com/taijiquan-6-hu_long.pdf

- force externe et force interne
http://www.taiji-grenoble.com/taijiquan-3-li_jin.pdf

- le dan tian, culture d'immortalité
http://www.taiji-grenoble.com/taijiquan-1-dan_tian.pdf





Par association tai chi chuan - Publié dans : taichibarby73
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